Journal-37

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Journal-37

Favoriser la conservation des récifs coralliens et des espèces associées

Les post-larves - The post-larvae
Les post-larves - The post-larvae

Poursuite très positive du programme LIFE en faveur des mérous

Comme nous vous en informions dans notre édition précédente, l’équipe de la Réserve naturelle a été initiée en octobre 2019 au recrutement larvaire, dans le cadre du programme européen LIFE BIODIV’OM en faveur de la conservation du mérou de Nassau et du mérou géant, deux espèces mondialement menacées. À la suite de cette étape préparatoire, il s’agit maintenant pour la Réserve de mettre ces connaissances en pratique en recueillant des post-larves de poissons – dont plus de 90% meurent avant leur installation sur nos côtes – dans l’objectif plus lointain d’identifier les mérous, de les isoler et de les laisser grandir en aquarium, avant de les relâcher dans leur milieu naturel après qu’ils aient atteint une taille leur laissant de meilleures chances de survie. Deux épisodes de collecte exploratoire ont eu lieu en janvier et en février 2020, au cours de 7 nuits consécutives sous la lune la moins claire, afin de maximiser l’efficacité des dispositifs lumineux d’échantillonnage. Les premiers résultats sont très encourageants, tant en matière de nombre d’individus que de diversité des espèces observées. La difficulté étant de distinguer les mérous parmi tous ces alevins, certains individus ont été placés en aquarium jusqu’à ce que l’identification des larves de mérous soit certaine, puis remis à la mer. Cette phase d’exploration, qui inclut l’identification des larves et le calendrier d’arrivage des alevins – toutes les espèces ne se reproduisant pas en même temps – devait se terminer en mai, mais a été retardée par l’arrivée du coronavirus sur la scène mondiale.

Suivi scientifique annuel des récifs et des herbiers Annual scientific study of reefs and sea grass beds
Suivi scientifique annuel des récifs et des herbiers Annual scientific study of reefs and sea grass beds

Compagnonnage entre réserves

Depuis 2007, la Réserve naturelle assure son suivi scientifique annuel des récifs et herbiers, qui s’est déroulé en 2019 du 9 au 12 septembre, avec le concours d’un garde de la Réserve guadeloupéenne de Petite-Terre. Il était venu aider l’équipe de Saint-Martin à documenter l’évolution de l’état des communautés coraliennes et d’herbiers, sur les stations de récifs et d’herbiers habituelles, dans et hors de la Réserve. Cette année, ce suivi pérenne a été complété par un suivi des mérous, dans le cadre du programme LIFE, sur quatre des huit sites visités. Ces sites feront l’objet d’un suivi bi-annuel pendant toute la durée du programme LIFE, soit jusqu’en 2023. Comme à l’habitude, ce compagnonnage a vu l’équipe de Saint-Martin prêter main-forte à Saint-Barth et à Petite-Terre dans les mêmes conditions. Aude Berger s’est rendue à Petite-Terre du 15 au 17 novembre et Vincent Oliva à Saint- Barth du 20 au 22 novembre.

Favoriser la conservation des herbiers de phanérogames marines et des espèces associées

Corail cerveau - Brain coral
Corail cerveau - Brain coral

Cette action prévue au Plan de gestion sera réalisée grâce à un financement de l’Ogence français pour la biodiversité (OFB). Le bureau d’étude AquaSearch interviendra en 2020 dans le cadre d’une nouvelle mission, consistant à mettre à jour la cartographie des habitats sous-marins de la Réserve naturelle, et notamment les habitats essentiels aux tortues marines, soit les herbiers pour les tortues vertes et les récifs pour les tortues imbriquées. La cartographie existante était incluse dans le plan de gestion 2010 – 2015 et datait de 2007.

Mouillage à Tintamare - Moorings at Tintamare
Mouillage à Tintamare - Moorings at Tintamare

La Réserve experte en mouillage écologique

La Réserve naturelle, membre du groupement chargé d’apporter assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’Établissement portuaire de Saint-Martin, contribue à l’implantation de parcs de mouillages permanents destinés aux bateaux de plaisance. L’objectif est de réduire l’usage de l’ancre grâce à l’implantation d’un parc de bouées permanentes dédiées, sous forme de mouillages écologiques – sur les sites dont l’Établissement portuaire a la gestion, dont la baie de Marigot. La Réserve naturelle, qui a elle-même implanté les trois sites de mouillages sur corps-morts de Tintamare, du Rocher Créole et de Pinel, bénéficie d’une solide expérience dans ce domaine et va pouvoir apporter son expertise, dans une optique de sécurité, de gestion durable et de favorisation de la biodiversité marine. En effet, ces nouvelles zones aménagées contribueront non seulement à l’accueil des professionnels et plaisanciers, mais favoriseront également le retour de la biodiversité par la mise en place d’habitats artificiels : à l’instar de Biohab et Biohab2, les habitats artificiels créés par la Réserve sur son territoire, ces dispositifs permettront la réhabilitation et la diversification de la faune et de la flore marines, sur une zone de mouillage réglementée déjà impactée par la fréquentation de centaines de plaisanciers en pleine saison. Des projets similaires rencontrent un grand succès à l’heure actuelle en Méditerranée, à l’instar du projet NAPPEX visant à équiper les ouvrages côtiers pour en faire de véritables nurseries.

Favoriser la conservation des populations de tortues marines

Tortue tuée par un engin nautique
Tortue tuée par un engin nautique

8 tortues tuées en 2019

Huit tortues marines sont mortes en 2019 des suites d’une collision avec un bateau ou un jet ski. Et quatre autres ont été retrouvées échouées sur le rivage depuis le début de l’année 2020. Ces chiffres ne concernent que les tortues retrouvées sur la côte et signalées à la Réserve naturelle. Combien d’autres également victimes en haute mer d’une collision sont passées inaperçues ? Rappelons qu’il faut 25 ans à une tortue avant de pouvoir se reproduire et que seule une tortue sur mille atteint cet âge. Et ces accidents touchent bien sûr autant les individus matures que les juvéniles n’ayant pas eu l’occasion de se reproduire. Un grand nombre de tortues retrouvés sur nos côtes présentent également des traces de fibropapillomatose, maladie de plus en plus présente au sein de la population de tortues vertes fréquentant nos eaux.

Une tortue verte sur l’herbier de Tintamare A green sea turtle feeding on sea grass at Tintamare
Une tortue verte sur l’herbier de Tintamare A green sea turtle feeding on sea grass at Tintamare

Les tortues vertes face aux usagers de la mer

Les tortues vertes modifient-elles leur comportement alimentaire sur les herbiers en présence d’humains? Ou pas? La première session de cette étude planifiée en deux temps a eu lieu du 10 au 22 novembre 2019, en basse saison touristique, et a repris en haute saison, entre Noël et le Jour de l’an. L’objectif est de caractériser les interactions entre tortues vertes et usagers de la mer, sur les herbiers d’Anse Marcel et de Baie Blanche, à Tintamare. La mission a été confiée à Benjamin de Montgolfier, responsable du bureau d’études maritimes AquaSearch, grâce à un financement de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les résultats de cette étude contribueront à la mise en place de meilleures pratiques de turtle watching en concertation avec les professionnels et les plaisanciers.

Rencontre sur le site du chantier - Meeting at the site
Rencontre sur le site du chantier - Meeting at the site

Limiter les impacts des travaux sur les plages

C’est à la demande du cabinet d’architectes accompagnant les travaux d’implantation d’un ouvrage destiné à protéger une villa de la houle cyclonique, que la Réserve naturelle est intervenue sur le littoral de Baie Rouge, site privilégié par les tortues marines en période de ponte. Suite à l’obtention de l’indispensable autorisation administrative, l’architecte en charge de l’implantation de l’ouvrage – un mur constitué de palplanches en acier profondément arrimées dans le sable – a tout de même souhaité s’associer les conseils du gestionnaire pour limiter au maximum son impact sur l’un des milieux les plus sensibles, à la veille de la saison de ponte 2020. Le 21 janvier 2020, Julien Chalifour et Aude Bergé ont rencontré le cabinet d’architecture et les représentants de la société chargée des travaux, afin de les sensibiliser aux enjeux de protection et de reproduction des tortues marines. Ayant rappelé que la solution technique la moins impactante restait l’absence d’aménagement et le recours à des barrières naturelles, les participants ont pu échanger sur les différentes solutions techniques possibles, afin de définir un protocole destiné à limiter l’impact du chantier et de l’aménagement sur la future fréquentation du site de ponte. Les opérations, qui devaient initialement être terminées avant le début de la saison de ponte, en mai, sont malheureusement retardées par les conséquences du coronavirus.

  • Il n’empêche que le protocole mis en place prévoit que :
  • Les engins lourds devront emprunter le cheminement le plus restreint possible dans leurs manoeuvres.
  • Le stockage des déblais et des matériaux de construction sera limité sur la zone de ponte.
  • La sensibilisation du personnel se poursuivra, notamment avec l’affichage des consignes à respecter.
  • Une procédure de contrôle quotidienne vérifiera l’absence de tortue marine ou de traces de ponte aux abords du chantier.
  • En cas d’observation d’une tortue ou de traces de ponte, la Réserve naturelle en sera immédiatement informée
  • L’implantation de sources lumineuses destinées à éclairer la plage sera évitée.
  • La Réserve encourage la végétalisation de la plage devant l’ouvrage. En sus de freiner l’érosion du sable et d’être esthétique, cette zone végétale favorisera la ponte des tortues imbriquées, qui apprécient de déposer leurs oeufs sous couvert végétal en haut de plage.
Tortue imbriquée - Hawksbill turtle © Julien Chalifour
Tortue imbriquée - Hawksbill turtle © Julien Chalifour

Mise à jour de l’Atlas des sites de ponte de tortues marines

Il y a 15 ans, en 2005, la Réserve naturelle créait l’Atlas des sites de ponte de tortues marines à Saint-Martin. Régulièrement actualisé, ce document nécessitait une importante mise à jour depuis le passage du cyclone Irma. Ce travail a été confié à Manon Gomez y Gimenez, étudiante en master 2 d’écologie à l’Université de Montpellier, en stage à la Réserve de mars à août 2020. Il va s’agir pour elle de réaliser le diagnostic de l’état de santé des plages accueillant les pontes de tortues marines : la surface de ces plages, la description de la végétation naturelle, mais aussi les facteurs de dégradation que sont les aménagements et les sources de dérangement sonore ou visuel. Elle accordera une attention toute particulière à la pollution lumineuse, dont la réglementation vient fraichement d’évoluer en janvier 2020, dans l’objectif de protéger la faune et la flore des lumières intrusives qui perturbent les habitats. Ces mesures s’appliquent à tous les aménagements, publics et privés, sauf à ceux où l’éclairage nocturne est nécessaire, tels les ports et les marinas. Les points positifs et négatifs seront passés en revue dans l’Atlas, avec une notation pour chacun : tassage du sable, végétation locale ou introduite, activités, étroitesse ou largeur de la plage… Au final, il sera possible d’évaluer avec exactitude les conditions d’accueil des tortues sur les plages et leur évolution dans le temps, l’idée étant de définir les priorités d’intervention pour la protection des tortues marines.

Protection du nid par ruban de sécurité Protection of a nest with security tape
Protection du nid par ruban de sécurité Protection of a nest with security tape

Les tortues seules sur les plages

L’accès aux plages ayant été interdit depuis le début du confinement, le suivi des pontes de tortues marines assuré par l’équipe de bénévoles formée par la Réserve naturelle n’a pu se poursuivre entre le 17 mars et le 11 mai. Toutefois, des témoignages ont permis d’identifier sur la plage de la Baie Orientale cinq traces typiques de tortue luth, dont l’espèce est la plus précoce en terme de ponte, dès le 1er mars. Les nids ont été protégés à l’aide de ruban de sécurité. Le bon côté du confinement est qu’il a garanti la tranquillité à la ponte et à l’éclosion, ce qui maximise en théorie les chances de réussite. La Réserve a relevé trois pontes à onze jours d’intervalle - les 1er, 11 et 23 mars - et il s’agirait a priori de la même tortue luth, dont l’habitude est de pondre plusieurs fois au même endroit tous les onze jours environ.

La Réserve naturelle lance un appel aux écovolontaires désirant participer au suivi scientifique des tortues marines. Il suffit d’être disponible une fois par semaine ou une fois par mois, selon vos disponibilités, et la Réserve assure votre formation. La prise de contact est assurée par Aude Bergé, en charge du projet “Agir pour les tortues marines de Saint-Martin”, que vous pouvez joindre sur reservenat.aude@yahoo.com.
Une tortue luth - A leatherback turtle

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations de mammifères marins

Séance d’entraînement d’immersion d’une balise
Séance d’entraînement d’immersion d’une balise

Les mammifères marins sur écoute

Caraïbe se sont retrouvés en République Dominicaine du 30 octobre au 4 novembre 2019, sur invitation de Cari’Mam (voir encadré). Une grande partie de la rencontre a porté sur le projet de mise en place d’une vingtaine de balises acoustiques sous-marines tout le long de l’arc antillais, de Trinidad aux Bermudes. Ces balises immergées vont enregistrer les chants des mammifères marins sur un rayon de 10 miles nautiques (18,5 km) pendant une minute, suivi d’un arrêt de quatre minutes afin de ménager les batteries. La balise confiée à Saint-Martin sera posée durant la première semaine de janvier 2020, hors de la Réserve naturelle, au large de Tintamare. Les balises d’Anguilla et de Saint-Barth seront mises en place en tenant compte de la position de celle de Saint-Martin, afin que la surface couverte soit la plus étendue possible. Les balises vont enregistrer les chants de tous les mammifères marins sur une carte SD, qui sera récupérée tous les deux mois par l’équipe de la Réserve, au moment de changer les piles et de replacer une carte vierge. La carte sera traitée ensuite par un laboratoire dédié à l’Université de Toulon, où les sons seront identifiés. Les résultats feront l’objet d’un rapport. Trois autres ateliers ont été consacrés à la bonne pratique du whalewatching, à l’éducation à l’environnement en faveur des mammifères marins et à la réalisation d’un livret d’identification en mer des mammifères marins pour la grand public. À ce titre, l’Office français pour la biodiversité (OFB), au travers du sanctuaire Agoa, a accordé une subvention de 11 940 euros à la Réserve naturelle pour l’achat de deux hydrophones et de sculptures pédagogiques de mammifères marins.

Financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Interreg Caraïbes, le projet de coopération Cari’Mam vise à créer un réseau entre les gestionnaires d’aires marines protégées de la Caraïbe pour la préservation des mammifères marins. Il propose notamment le développement d’outils communs de gestion et d’évaluation, ainsi que l’accompagnement du développement du whalewatching dans une démarche durable et respectueuse des animaux.

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations d’oiseaux marins nicheurs

Formation baguage sur le terrain… Training program on the field...
Formation baguage sur le terrain… Training program on the field...

Suivre les oiseaux pour mieux les connaître

Mieux connaître l’avifaune des Antilles françaises. C’est l’un des objectifs de l’Office français de la biodiversité (OFB), qui regroupe l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) depuis le 1er janvier 2020. L’une des façons de faire avancer la connaissance des oiseaux étant leur baguage, l’OFB a organisé une formation du 9 au 13 mars 2020 en Guadeloupe. Consacrée notamment au baguage des oiseaux limicoles, cette session a été importante pour Saint-Martin, l’île et ses étangs étant riches d’une avifaune nombreuse et diversifiée. Animée par deux ornithologues spécialisés du Museum national d’histoire naturelle (MNHN) – qui gère l’édition et la fabrication des bagues et tient l’unique registre national des immatriculations d’oiseaux – cette formation a eu pour but de donner aux participants les connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour contribuer localement au réseau régional de suivi des limicoles et à l’acquisition d’une meilleure connaissance des oiseaux dans les Antilles françaises. Également, la Réserve naturelle s’est portée volontaire pour accueillir l’installation d’une antenne radio, qui permettra d’enregistrer le passage des oiseaux – notamment migrateurs – équipés d’une balise, dans un rayon de 18 kilomètres, dans le cadre du programme scientifique international Motus (voir motus.org). Ce programme financé par BirdsCaribbean, très présent aux USA, au Canada et en Europe, est restreint pour le moment dans notre région aux îles de Puerto Rico et de la Barbade et à la Guyane. L’implantation de 2 antennes est prévue, l’une à Petite-Terre, en Guadeloupe, et l’autre à Saint-Martin. Ce système radio léger, beaucoup moins coûteux que le GPS, est bien adapté aux oiseaux, sur lesquels est installé un petit harnais équipé d’une batterie, qui se décroche après quelques semaines d’usage, une fois leurs déplacements enregistrés. Localement, cette technologie pourra contribuer au suivi de diverses espèces animales.

Maintenir ou améliorer l’état écologique des étangs

La pépinière de palétuviers - The mangrove nursery
La pépinière de palétuviers - The mangrove nursery

Création d’une pépinière de palétuviers

La Réserve naturelle a obtenu l’autorisation de la Collectivité pour la mise en place d’une pépinière de palétuviers, l’objectif étant de replanter des pousses de palétuvier dans les étangs dont la mangrove a été décimée par le cyclone Irma, grâce à un financement du Rotary Club notamment. L’équipe récupère des graines, des gousses et des plantules sur le terrain et les fait pousser jour après jour, dans les locaux qu’elle a elle-même édifiés. Les pousses sont placées dans des pots biodégradables en fibre de canne à sucre, qu’il suffit d’enfouir dans la vase pour qu’elles se développent.

Facteur clé de réussite 1 : Veiller au respect de la réglementation et à une pratique des activités humaines compatible avec les objectifs de la Réserve

Pendant la période de confinement, la Réserve naturelle a poursuivi ses activités de surveillance terrestre et maritime afin de faire respecter la réglementation. Plusieurs individus ayant tenté de profiter du confinement général pour pêcher dans les eaux de la Réserve ou pratiquer une activité commerciale ont dû abandonner leur projet après avoir été rappelé à l’ordre par la Réserve, qui travaille en étroite collaboration avec la brigade nautique de la gendarmerie nationale.

Activité du pôle police de l’Environnement

En 2019, le pôle technique et police de la nature de la Réserve naturelle a effectué 423 patrouilles de janvier à décembre 2019 : 306 patrouilles à terre et 141 en mer. Sur ces patrouilles, 398 étaient conformes et 25 non conformes - soit 10 à terre et 15 en mer. Du 1er janvier au 1er mai 2020, ce même pôle a effectué 108 patrouilles, 50 en mer et 58 à terre. Sur ces patrouilles, 93 étaient conformes et 18 non conformes - soit 7 à terre et 8 en mer. Elles ont donné lieu à quatre procès-verbaux, pour un dépôt de déchets au Galion, une activité de charter sans autorisation, deux activités de pêche illégale pendant le confinement, ainsi que plusieurs rappels à la loi pour usage d’un buggy, pratique du kite surf, pêche à la canne et divagation de chiens.

Avant... Before..
Avant... Before..

865 kilos de carrelage dans la nature

Le 19 février 2020, la Réserve naturelle a procédé à l’enlèvement de 865 kilos de carrelage cassé déversés au Galion par un professionnel du BTP et les a transportés à l’écosite de Grandes Cayes. Fort heureusement, un témoin a pu relever le numéro d’immatriculation du véhicule du pollueur. La Réserve naturelle a déposé une plainte qu’elle a transmis au procureur.

36 lambis sortis de leur coquille 36 conch out of their shells
36 lambis sortis de leur coquille 36 conch out of their shells

Braconnage d’espèces protégées

Le 21 avril 2020 vers 14h00 au Galion, un garde de la Réserve naturelle surprend deux individus sortant de l’eau équipés de palmes, masques et tubas et se dirigeant vers un véhicule. Il leur rappelle que la baignade est interdite pendant le confinement et la pêche interdite en tous temps dans les eaux de la Réserve, puis s’éloigne avec l’intention de revenir sur les lieux. Quelques minutes plus tard, il voit les deux hommes courir face à lui, chacun un gros sac à la main, et prendre alors deux directions différentes. Le garde appelle la gendarmerie, aucune patrouille n’est disponible, mais un véhicule de la police territoriale arrive à point nommé pour lui prêter main-forte. Il arrive à attraper l’un des fuyards, caché dans la mangrove sans le sac, et le confie aux policiers avant de retrouver le sac peu après. À l’intérieur, se trouvent 36 lambis sortis de leur coquille, 2 casques rouges encore vivants et un triton géant également vivant. L’homme a reconnu avoir pêché ces espèces protégées et a donné son identité et celle de son complice. Un procès-verbal a été remis au parquet et ces deux braconniers seront convoqués au tribunal correctionnel pour avoir pêché des espèces protégées, de surcroît dans les eaux de la Réserve naturelle marine. Le garde a remis à l’eau les coquillages vivants et les lambis morts, en différents endroits de la baie.

La pêche est strictement interdite dans la Réserve naturelle et les faits commis par ces deux braconniers sont d’autant plus graves que le lambi est une espèce protégée, dont la pêche est interdite aux pêcheurs plaisanciers et à pied, en tout temps et en tous lieux. La pêche au lambi est réservée aux pêcheurs professionnels entre octobre et décembre, en dehors des zones protégées bien évidemment. Qu’il s’agisse de la pêche illégale du lambi ou de la détention illégale de ce coquillage, les contrevenants s’exposent à des amendes administratives et des sanctions pénales qui peuvent aller jusqu’à 22 500 € et six mois d’emprisonnement.

Le 29 avril, la Réserve a saisi un casier récemment posé au large de la plage de Coralita, en pleine réserve naturelle. Les poissons ont été libérés et l’engin de pêche détruit et transporté à l’écosite de Grandes Cayes.

Pêche illégale pendant le confinement
Pêche illégale pendant le confinement

Le 1er mai, en plein confinement, la Réserve a surpris quatre pêcheurs arrivés en kayak à Pinel. Tous très jeunes, ils ont d’abord nié avoir pêché puis ont dû reconnaître leur forfait après que deux fusils sous-marins et les prises qu’ils avaient dissimulés sous l’eau aient été retrouvés. Le kayak et leur équipement ont été saisis. La Réserve a dressé un procès-verbal pour pêche illégale.

Assurer les missions de communication, de sensibilisation et d’éducation à l’environnement

Sculpture anatomique d’un dauphin… Anatomical sculpture of a dolphin…
Sculpture anatomique d’un dauphin… Anatomical sculpture of a dolphin…

De nouveaux outils pédagogiques

La société Contour Global, qui exploite l’une des deux usines de production d’électricité à Galisbay, a rencontré la Réserve naturelle pour l’informer des outils pédagogiques qu’elle finance pour la sauvegarde de l’Environnement, à hauteur de 14 000 euros. Une convention a été signée et la Réserve va pouvoir mettre des cahiers d’activité et des paires de jumelles à disposition des élèves qu’elle sensibilise. Également, des sculptures anatomiques de dauphin, de tortue et de paille-en-queue sont en cours de finition. Elles permettront aux jeunes de découvrir les organes nécessaires à la vie de ces trois animaux, comme on peut le voir sur les photos ci-dessous (OU ci-dessus). L’objectif est d’inviter ces élèves dans les locaux de la Réserve naturelle, à Hope Estate, transformés pour l’occasion en espace pédagogique. Ils pourront aussi s’immerger pour une plongée sur un récif corallien protégé de Saint-Martin, mais au sec, grâce à trois paires de lunettes de réalité virtuelles.

Sensibilisation sur le terrain avec Vincent Oliva Awareness in the field with Vincent Oliva Oliva
Sensibilisation sur le terrain avec Vincent Oliva Awareness in the field with Vincent Oliva Oliva

Renforcement de l’éducation à l’environnement

En 2019, 26 classes ont été régulièrement sensibilisées à la protection de l’environnement, sur le terrain et dans leur établissement, et 7 conventions ont été signées. Avec le collège de Quartier d’Orléans, le collège Soualiga, le lycée Robert Weinum, le lycée professionnel, l’école Happy School, l’école Marie-Antoinette Richards et l’école Clair Saint-Maximim, où deux classes ont reçu le label “Aire marine éducative” (AME), porté par l’Agence française de la biodiversité. Également, une classe de sixième du collège Soualiga recevra ce label. L’idée pour ces jeunes, sur les conseils de la Réserve, est de définir des priorités pour la protection de la biodiversité du site dont ils sont responsables et d’appliquer le programme scolaire à des cas concrets, comme par exemple la replantation de mangroves. Par ailleurs, de nouvelles conventions sont prévues, avec les écoles Émile Choisy, Siméone Trott, Élie Gibbs et Lamartine. Parallèlement, la Réserve effectue des interventions régulières auprès des jeunes en formation BAPAAT (Brevet d’aptitude professionnelle d’assistant animateur technicien). Du 7 janvier au 16 mars 2020, date de la fermeture des établissements scolaires liée à la pandémie du coronavirus, la Réserve naturelle a orchestré 74 interventions dans les écoles, dont 12 sur le terrain, dans 10 établissements et pour 37 classes, soit 740 élèves au total.

La Réserve a sélectionné 9 thèmes pour assurer ces animations :

  • Présentation de la Réserve, son utilité et les métiers nécessaires à son quotidien
  • Les différents écosystèmes présents
  • La mangrove
  • La faune et la flore
  • Les tortues marines
  • La protection des mérous
  • La pépinière de palétuviers
  • La plantation des pousses de palétuviers dans la mangrove
  • La pollution et ses conséquences
5 classes participent activement à la régénération de la mangrove détruite par le cyclone Irma en plantant des pousses de palétuviers originaires de la pépinière de palétuviers mise en place par la Réserve, tout près de l’étang des Salines d’Orient. Cette application sur le terrain des informations théoriques qu’ils reçoivent en classe fait l’objet d’un suivi, qui permet aux jeunes de suivre la croissance de leurs plantations.

Plantation d’un palétuvier par un jeune écolier - A young student planting of a mangrove

Sea Discovery Day
Sea Discovery Day

La Réserve au Sea Discovery Day…

Comme chaque année, la Réserve naturelle était bien présente à l’occasion du Sea Discovery Day, organisée par Métimer, l’association des professionnels de la mer, le 27 novembre 2019. 230 jeunes parmi les moins favorisés de l’île, ont pu découvrir les joies de la navigation sur les bateaux des partenaires de l’association. Après le débarquement sur l’îlot de Tintamare, ces enfants ont pu s’adonner aux plaisirs de la baignade et des jeux aquatiques, mais ont également bénéficié d’une promenade en compagnie de l’équipe de la Réserve, qui les a sensibilisés à la fragilité des écosystèmes.

… Et sur la Heineken Regatta

intervenue auprès des organisateurs de la Heineken Regatta afin de les sensibiliser à la protection des mammifères marins au cours de cet évènement organisé le premier week-end de mars. La Réserve est intervenue la veille du premier départ et a fait passer le même message lors du briefing de course. Dans le cadre du sanctuaire Agoa, avant chaque étape de la régate, la Réserve naturelle s’est assurée que nul mammifère marin n’allait croiser la route de l’un des grands voiliers participant à cette course de renom.

Plongée virtuelle

Plongée virtuelle dans la Réserve naturelle

Accompagnée par l’ONG Blue Finance, la Réserve naturelle lance un projet de réalité virtuelle destinée à permettre au public de découvrir ses fonds marins protégés. Équipés de casques virtuels, les participants se trouvent comme immergés au milieu des coraux, des herbiers et découvrent la faune et la flore sous-marine comme s’ils étaient en plongée. L’événement est itinérant et a été accueilli dans sa phase de lancement par l’hôtel Hommage, à la Baie Nettlé, puis au SXM Music Festival, avant d’être interrompu début mars par la mise en confinement de la population. La mission de Blue finance est de mettre son expertise et son expérience dans la mise en place de solutions de financement pour la gestion et le financement durable des aires marines protégées (AMP). Son objectif est d’améliorer la gestion d’au moins vingt AMP d’ici 2030, les AMP bien gérées et financées étant considérées comme l’un des outils les plus efficaces pour réduire les menaces locales sur la biodiversité marine.

Optimiser les moyens de gestion

Le guide et l’application mobile
Le guide et l’application mobile

Un guide pour restaurer et réhabiliter la mangrove

Un guide technique intitulé “La restauration de mangrove” et une application mobile destinée à faciliter le travail des gestionnaires de zones humides, tous deux élaborés par le Pôle-Relais zones humides tropicales, ont été présentés à Julien Chalifour et à Christophe Joe, respectivement en charge du pôle scientifique et garde à la Réserve naturelle, ainsi qu’à l’ONF, l’ONCFS, plusieurs associations environnementales et des gestionnaires de zones humides des îles françaises de la Caraïbe. Tous étaient invités en Guadeloupe les 18 et 19 novembre, pour une formation sur la restauration et la réhabilitation de la mangrove, par le comité français de l’UICN. Le guide technique présente les retours d’expérience existants de restauration de mangroves et les techniques associées, avec force croquis et tableaux. Pour la Réserve naturelle, il est important que ce guide circule et que les bonnes pratiques qu’il préconise soient communément admises, la Réserve s’étant vu refuser un financement au motif que le recours à une pépinière de palétuviers était inapproprié dans le cas de restauration de mangrove. Une raison contredite par ce guide technique, qui établit l’efficacité des pépinières dans le cas où la régénération naturelle des mangroves est impossible ou insuffisante, en raison de l’affaiblissement des arbres et de l’absence de graines, à la suite d’un cyclone particulièrement puissant.

Également présentée durant cet atelier, la séquence ERC – pour Éviter, Réduire, Compenser – qui s’oriente à présent vers une nouvelle déclinaison de zéro perte, voire gain de biodiversité, lorsque la construction d’un aménagement porte atteinte à la biodiversité. Parallèlement, un nouveau dispositif prévoit des mesures d’accompagnement de la compensation. Par exemple, le Grand Port Maritime de la Guadeloupe finance des thèses sur les mammifères marins et d’autres sujets, qui ne constituent donc pas directement une action de compensation, mais bien une production de connaissances accompagnant les autres mesures de réparation des impacts inévitables.

1ère réunion du CSTPN de Saint-Martin

La collectivité de Saint-Martin dispose depuis le 7 novembre 2019 de son Conseil scientifique territorial du patrimoine naturel (CSTPN). Une obligation réglementaire dont s’acquittait auparavant la Guadeloupe pour Saint-Martin. Composé de 19 membres, tous scientifiques, cet organe est chargé de rendre des avis consultatifs sur toute question relative à la conservation du patrimoine naturel de l’île et notamment l’impact des projets d’aménagement sur les espèces protégées. La première réunion du CSTPN a eu lieu le 24 janvier 2020 en préfecture de Saint-Martin. Michel Vély, président de l’association Megaptera, a été élu président, son vice-président étant Julien Chalifour, responsable du pôle scientifique de la Réserve naturelle. L’un des premiers projets soumis à l’examen de cette instance par les services de l’État est la validation de deux arrêtés visant à encadrer l’introduction d’espèces vivantes non naturellement présentes à Saint-Martin. Ces listes sont actuellement examinées par divers experts régionaux, pouvant de fait mettre à profit les retours d’expériences capitalisés lors de l’atelier UICN.

Jim Ruos
Jim Ruos

Une généreuse donation

Le 12 mars 2020, la Réserve naturelle a reçu une donation d’un montant de près de 3000 euros, léguée par Mary Ruos, l’épouse de Jim Ruos, décédé le 29 décembre 2019 à l’âge de 85 ans dans l’état de Virginie. Biologiste de formation et adepte de la fauconnerie, Jim Ruos a travaillé pendant 21 ans au sein du U.S. Fish and Wildlife Service, tout particulièrement en faveur de la tourterelle, mais aussi des oiseaux migrateurs, des rapaces et notamment du faucon pélerin. Il fut le premier Américain à proposer de financer les pays favorisant la protection des habitats des oiseaux migrateurs. Il a choisi à la fin des années 80 de fonder avec son épouse la société Caribbean Islands Travel Service et a oeuvré avec succès dans le domaine du tourisme, spécialement à Saint-Martin, où il avait de nombreux amis. La Réserve naturelle s’associe à leur peine et remercie la famille de cet ami de l’environnement pour ce beau geste.

Perspective de l’espace scénique - Section rendering of the interior
Perspective de l’espace scénique - Section rendering of the interior

3 questions à Véronique Descharrières

Une semaine sur deux, pendant le confinement, la Réserve naturelle a organisé des réunions virtuelles avec Véronique Descharrières, architecte du projet d’Institut caribéen de la biodiversité insulaire (ICBI), et son équipe, sur les avancées de l’étude sur la construction de l’Institut. Pour en savoir plus, nous avons posé trois questions à l’architecte, membre titulaire de l’Académie d’Architecture depuis 2019.

Quelle est pour vous la vocation de l’ICBI ?

L’Institut caribéen de la biodiversité insulaire est un outil au service du développement de Saint-Martin, porteur de stratégies basées sur l’écotourisme, le développement durable, la biodiversité, la recherche universitaire et scientifique, le développement social avec la création d’emplois, le développement économique et la coopération régionale et internationale. Ce projet matérialise le principe que le construit et le vivant sont liés et qu’il est possible de produire des environnements satisfaisants pour les publics de tous horizons, tout en garantissant la protection de la biodiversité.

Quelles conséquences a eu le cyclone Irma sur le projet?

Avec Irma, Saint-Martin a ressenti la réalité du dérèglement climatique. De notre côté, nous avons renforcé la résilience du bâtiment. En rehaussant le rez-de-chaussée, en créant une base de sécurité post-cyclone pour garantir l’autonomie de l’Institut et en renforçant le rôle protecteur des jardins. Nous avons aussi coopéré avec la Réserve naturelle pour que le site possède une véritable force de démonstration de la puissance des événements climatiques, de la fragilité de la biodiversité et de la nécessité de la protéger, notamment grâce à des scénographies en 3D et en très grand format, dans lesquelles les visiteurs seront virtuellement immergés.

Comment décririez-vous le bâtiment en quelques phrases?

Le bâtiment construit sur pilotis a pour vocation d’accueillir le public dans ses espaces de découverte et les professionnels scientifiques dans des espaces dédiés. Il se prolonge à l’extérieur par des passerelles et des cheminements qui permettent l’accès à de petits espaces de birdwatching. Le long d’une promenade qui relie l’Institut à la mer, en surplomb de la mangrove, des estacades sur pilotis préservent le caractère naturel des rives et invitent à l’observation et à la contemplation en offrant des vues panoramiques sur la Réserve naturelle.

Vidéos sur https://www.vedea.archi/projet/institut-caribeen- de-la-biodiversite-insulaire  –> cliquer sur “projets” puis sur “ICBI”

Renforcer l’ancrage territorial et régional de la Réserve

Saint-Martin au coeur d’un document stratégique

Le 5 novembre, la Réserve a accueilli dans ses bureaux un atelier technique animé par l’Agence française pour la biodiversité (AFB), le Représentant local de la Direction de la Mer et leur prestataire, ImpacMer. L’idée était de recueillir les éléments nécessaires à la rédaction d’un document stratégique destiné à la zone maritime des Antilles françaises, dont Saint-Martin. L’établissement portuaire de Saint-Martin était présent, aux côtés de la Direction de la mer, de la DEAL, de la collectivité de Saint-Martin et de Métimer, l’association des professionnels de la mer. L’enjeu était de définir les usages et les pressions existant sur la zone et leur localisation. L’extension du port de Galisbay, le trafic maritime, les loisirs en mer, les marinas et les activités industrielles ont fait partie des sujets à l’ordre du jour. L’AFB coordonne la rédaction de la synthèse de ces échanges, qui sera ensuite soumise aux participants.

Forum et colloque autour des aires marines protégées à Biarritz Forum and colloquium in Biarritz on protected marine areas
Forum et colloque autour des aires marines protégées à Biarritz Forum and colloquium in Biarritz on protected marine areas

Nicolas Maslach et Julien Chalifour étaient présents à Biarritz du 21 au 25 novembre, pour le Forum des gestionnaires d’aires marines protégées (AMP), au cours duquel les gestionnaires ont partagé leurs expériences, avant de participer au quatrième Colloque national des AMP, puis au Colloque des aires protégées terrestres. Organisé par l’Office français de la biodiversité (OFB), le comité français de l’UICN et le ministère de la transition écologique, le colloque des AMP avait pour objectif de rassembler l’ensemble des acteurs de la biodiversité pour les amener à contribuer à l’élaboration de la prochaine stratégie nationale des aires marines protégées, pour une meilleure gestion du réseau des AMP, ainsi que la mise en oeuvre du plan biodiversité élaboré par le ministère. Dans ce cadre, l’AFB a demandé aux participants d’apporter leur plus-value et de verbaliser leurs attentes en matière de protection du domaine maritime. Ces interventions ont mis en lumière les grandes attentes des gestionnaires et matière de financement des moyens de gestion et notamment des moyens humains indispensables pour éviter l’illusion des aires protégées de papier. Oui, la création de nouvelles aires marines protégées est une bonne chose, pourvu que ces territoires soient effectivement et efficacement gérés et préservés. Une autre demande importante a concerné la prise en compte du lien terre-mer, à renforcer dans la stratégie nationale. En clair, à quel point qui se passe à terre affecte les espaces marins ?

Sortie sur le terrain - A field trip À Saint-Martin, les espèces exotiques envahissantes sont nombreuses, à terre et en mer, et notamment : la liane-corail (Antigonon leptopus), l’iguane commun (Iguana iguana), le singe vert (Chlorocebus sabaeus), la mangouste indienne, l’algue Haliphola stipulacea, le poisson-lion (Pterois volitans). Sans parler du chat, animal de compagnie friand de caresses, mais aussi redoutable prédateur des oiseaux et lézards qui fréquentent nos jardins.
Sortie sur le terrain - A field trip À Saint-Martin, les espèces exotiques envahissantes sont nombreuses, à terre et en mer, et notamment : la liane-corail (Antigonon leptopus), l’iguane commun (Iguana iguana), le singe vert (Chlorocebus sabaeus), la mang

Du 10 au 14 février 2020, Julien Chalifour a participé en Martinique à un atelier technique national consacré à la gestion des espèces exotiques envahissantes, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en France. Personne- ressource dans ce domaine à Saint-Martin, Julien Chalifour a travaillé aux côtés d’autres experts, originaires de France métropolitaine et de la quasi-totalité des territoires ultramarins, tous concernés par ce sujet préoccupant. Cet atelier a été l’occasion de faire la synthèse des enjeux actuels pour chaque territoire, d’identifier les plus fortes menaces existantes ou à venir et d’échanger sur les retours d’expérience de chacun. L’envahissement des espèces exotiques constitue l’une des premières causes d’érosion de la diversité dans les territoires d’outre-mer, principal réservoir français de biodiversité. Cette problématique, facilitée par les voies d’échange et de transport mises en place par l’Homme, est complexe et coûteuse à gérer. La stratégie privilégiée de sensibilisation et de détection précoce, gage d’une bonne gestion et d’une limitation des coûts humains et financiers, est le plus souvent mise en place lorsqu’il est déjà trop tard. Sachant que l’Union européenne impose à ses membres d’agir en matière de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, le groupe de travail a répertorié l’ensemble des données fournies par ses experts, afin de formuler des préconisations en direction des organes décisionnaires.

À Saint-Martin, les espèces exotiques envahissantes sont nombreuses, à terre et en mer, et notamment : la liane-corail (Antigonon leptopus), l’iguane commun (Iguana iguana), le singe vert (Chlorocebus sabaeus), la mangouste indienne, l’algue Haliphola stipulacea, le poisson-lion (Pterois volitans). Sans parler du chat, animal de compagnie friand de caresses, mais aussi redoutable prédateur des oiseaux et lézards qui fréquentent nos jardins.
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