Favoriser la conservation des récifs coralliens et des espèces associées

Favoriser la conservation des récifs coralliens et des espèces associées

Favoriser la conservation des récifs coralliens et des espèces associées

Les participants au comité national IFRECOR — IFRECOR national committee participants
Les participants au comité national IFRECOR — IFRECOR national committee participants

Du 3 au 7 juin, la Réserve naturelle a accueilli les 35 participants au comité national IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens). Créé en 1999 et chapeauté par les ministres en charge de l’écologie et de l’outre-mer, l’IFRECOR a pour mission de mener une politique active favorable à la préservation et la gestion des récifs coralliens. Saint-Martin a été choisi pour organiser cet important événement biennal afin de mettre en valeur notre territoire, presque deux ans après le passage d’Irma. Après une première réunion à la CCISM, les journées de travail se sont succédées à l’hôtel Esmeralda, où le comité était hébergé. À l’ordre du jour : les actions mises en oeuvre par l’ensemble des comités locaux, ainsi que par la Réserve à Saint- Martin - territoire actuellement dépourvu de comité local - pour la protection des coraux, les épaves post-Irma et l’état des lieux après le cyclone, en ce qui concerne notre île. Les récifs coralliens, les herbiers et les mangroves étant menacés dans tout l’outre-mer français, chacun a présenté l’état des lieux de son territoire, dans les trois océans. Parallèlement, les experts scientifiques ont exposé le résultat de leurs travaux et des actions menées en faveur des récifs à travers le monde.

L’IFRECOR est la déclinaison française de l’ICRI (International Coral Reef Initiative). Initiée en 1995 par les États-Unis, plusieurs pays se sont immédiatement associés à l’ICRI : Australie, France, Japon, Jamaïque, Philippines, Royaume- Uni et Suède. L’objectif de l’ICRI est de sensibiliser les communautés riveraines vivant des récifs coralliens, les instances institutionnelles et politiques, les utilisateurs et le public à la conservation de cet habitat sensible et indispensable. L’ICRI est un partenariat entre les gouvernements, les organisations internationales et les ONG. Elle met en oeuvre un plan d’action, suivi par plus de 80 pays sur la centaine comptant des récifs coralliens sur leur littoral.
Blanchissement du corail © IFRECOR — Bleaching of coral © IFRECOR
Blanchissement du corail © IFRECOR — Bleaching of coral © IFRECOR

Alphanova a remis un chèque de 12 000 euros à la Réserve naturelle, dans le cadre de son programme 1% pour le corail. Ce don a eu lieu au restaurant KKO le lundi 3 juin, au cours d’un cocktail offert par Alphanova à l’occasion de l’ouverture du comité IFRECOR à Saint-Martin. Comme nous vous l’annoncions dans notre précédente édition, cette société a mis au point des produits solaires bio et respectueux de l’environnement et a signé une convention de mécénat avec la Réserve de Saint-Martin, à laquelle elle a décidé de verser 1% de son chiffre d’affaires mondial. En échange, la Réserve s’est engagée à favoriser la restauration des coraux sur son espace marin, notamment par bouturage. Début juin, une équipe d’Alphanova Sun a pu découvrir les fonds marins de la Réserve et le travail effectué par l’équipe, en compagnie de Julien Chalifour, de Camille Sanchez et Colette Buisson, les deux étudiantes en stage à la Réserve. Ils ont visité les habitats artificiels devenus depuis octobre 2018 le refuge des boutures de coraux. Certaines de ces boutures ont été récupérées sur les pépinières affaiblies par le passage d’Irma et ont pu être fragmentées afin de favoriser leur multiplication. Également, 200 de ces petites pousses ont été redéployées sur le site de BioHab2, au large de Tintamare. Pour l’heure, la Réserve limite cette activité à ces sites artificiels, dans la mesure où une dérogation de l’État est nécessaire pour réimplanter sa production sur des sites naturels, les deux espèces concernées - coraux cornes d’élan (Acropora palmata) et cornes de cerf (Acropora cervicornis) - faisant partie des espèces protégées dans les Antilles françaises depuis 2017.

Chaque année, entre 15 000 et 20 000 tonnes de crème solaire sont déversées dans les océans et constitue avec le réchauffement climatique l’une des principales causes du blanchiment corallien. Parmi les produits chimiques - et toxiques - destinés à protéger notre peau des UV, l’oxybenzone constitue un poison pour le corail, dont il modifie l’ADN et conduit les nouvelles pousses à mourir sans possibilité de se développer. À Hawaï, où plus de la moitié des coraux ont blanchi entre 2014 et 2015, le gouvernement local a promulgué une loi interdisant la vente et l’usage de produits solaires toxiques pour le corail, applicable dès 2021.
Coraux victimes de la maladie SCTL © Guillaume Jorakhae
Coraux victimes de la maladie SCTL © Guillaume Jorakhae

Déjà fragilisés par le réchauffement climatique et diverses pollutions, les coraux sont depuis moins d’un an la cible d’une bactérie, qui les tue en quelques jours. Très présente en Floride et dans le Golfe du Mexique, cette maladie baptisée SCTL - Stony coral tissue loss, soit «perte de tissu du corail dur» - s’est installée sur la partie hollandaise en début d’année et serait possiblement transportée et essaimée par les eaux de ballast des bateaux de croisière et de transport maritime. Comme son nom l’indique, cette maladie se traduit par une rapide nécrose des tissus vivants à la surface des coraux massifs - corail cerveau, corail cierge... - qui meurent en l’espace d’une semaine sans possibilité de récupération. La présence de cette bactérie a été confirmée au Rocher Créole et à Tintamare. La Réserve naturelle invite les plongeurs et les apnéistes à lui signaler toute nouvelle observation, mais également à prendre les précautions nécessaires afin d’éviter la diffusion, par exemple en désinfectant le matériel de plongée : rinçage à l’eau douce, chloration et séchage au soleil.

Suivi scientifique du récif corallien - Scientific study of the coral reef © Julien Chalifour
Suivi scientifique du récif corallien - Scientific study of the coral reef © Julien Chalifour

Comment évolue la santé des récifs et des herbiers sous-marins depuis le cyclone Irma ? Une question à laquelle a tenté de répondre Emma Bernardin, étudiante en biologie, en 3ème année de licence à l’université Jean-François Champollion, dans le Midi pyrénéen. Elle a contribué à exploiter les données collectées lors des plongées du suivi sous-marin mené par la Réserve en 2018, dans et hors des sites protégés. Pour les herbiers, le constat reste qu’ils ont été faiblement impactés, la station hors réserve de Grand-Case affichant la dégradation la plus importante en termes de densité de plants et d’eutrophisation, en raison d’un enrichissement important de l’eau de mer en matières organiques. Du côté des récifs, on observe une réduction de la couverture corallienne, particulièrement marquée hors de la réserve et à proximité de la Baie Orientale, soit moins de 10% de couverture vivante. Cependant, Irma aura été l’occasion pour ces stations d’un important recul de la couverture en macro algues et en gazon algal.

La première réunion du comité IFRECOR de Saint-Barth The first meeting of the Saint Barth IFRECOR committee © ATE
La première réunion du comité IFRECOR de Saint-Barth The first meeting of the Saint Barth IFRECOR committee © ATE

Auparavant inclus dans le comité local IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) de la Guadeloupe, Saint-Barth bénéficie depuis octobre 2018 de son propre comité local, qui s’est réuni pour la première fois le 12 Avril 2019 à Gustavia, sous la coordination de l’Agence territoriale de l’environnement (ATE). Julien Chalifour, en charge du Pôle scientifique de la Réserve naturelle de Saint-Martin, a participé à cette première réunion, qui a été l’occasion pour l’ATE et la collectivité de Saint-Barth d’officialiser le partenariat avec l’IFRECOR et l’Agence française pour la biodiversité (AFB), mais surtout de réunir l’ensemble des acteurs socioprofessionnels de l’île, afin d’animer des groupes de réflexion, avec l’appui d’experts scientifiques. À l’issue de ces ateliers techniques, les principaux enjeux de préservation des coraux et des herbiers marins ont pu être identifiés et priorisés, afin de sélectionner des actions à mettre en oeuvre pour leur conservation.

Corail cerveau - Brain coral
Corail cerveau - Brain coral

IFRECOR - Initiative française pour les récifs coralliens - a choisi Saint-Martin pour tenir la douzième réunion de son comité national, du 3 au 7 juin 2019, et a demandé à la Réserve naturelle de coordonner l’organisation sur place. 35 personnes environ sont attendues, de métropole et d’Outre-mer. Plusieurs personnalités locales seront invitées à participer à l’ouverture officielle, qui se tiendra à la CCISM le lundi 3 juin. Les actualités internationales et régionales en matière de récifs coralliens seront inscrites à l’ordre du jour, ainsi que les thèmes novateurs portés par les comités locaux aux Antilles. En plus petits comités, les jours suivants seront consacrés aux problématiques liées à la conservation des récifs coralliens. Les effets du changement climatique sur les zones tropicales et leurs incidences sur les aménagements des zones littorales seront présentés, ainsi que MERCI, la méthode pour éviter, réduire et compenser les impacts sur les espaces naturels. L’idée au final est de définir les recommandations techniques pour éviter les dégradations sur nos modes de vie et notre environnement naturel.

À l’occasion de ce comité, la Réserve naturelle va lancer un concours de la plus belle photo en rapport avec les récifs coralliens et les zones humides, dont font partie les mangroves de Saint-Martin. La remise des prix aura lieu au cours de l’événement.

Chaque année, entre 15 000 et 20 000 tonnes de crème solaire sont déversées dans les océans et constitue avec le réchauffement climatique l’une des principales causes du blanchiment corallien. Parmi les produits chimiques - et toxiques - destinés à protéger notre peau des UV, l’oxybenzone constitue un poison pour le corail, dont il modifie l’ADN et conduit les nouvelles pousses à mourir sans possibilité de se développer. L’information circule, le consommateur est en demande et de nouvelles crèmes solaires 100% bio et respectueuses de l’environnement apparaissent. La Réserve naturelle encourage bien sûr les baigneurs à utiliser ces produits novateurs et va prochainement signer une convention de mécénat avec Alphanova. Implantée à Hyères, cette société a mis au point des produits solaires respectueux de l’environnement et a approché la Réserve de Saint-Martin, à laquelle elle va verser 1% de son chiffre d’affaires sur les produits solaires au niveau mondial. En échange, la Réserve s’engage à favoriser la restauration des coraux sur son espace marin, notamment par bouturage, et à diriger les activités touristiques et de plongée sur certaines zones, afin de mettre au repos les sites faisant l’objet de surfréquentation. Des membres du personnel d’Alphanova participeront à ces opérations et la société fournira des crèmes solaires et des vêtements anti UV à la Réserve. Également, la Réserve sensibilisera les clubs de plongée en leur demandant d’interdire les crèmes chimiques sur ses sites de plongée.

À Hawaï, où plus de la moitié des coraux ont blanchi entre 2014 et 2015, le gouvernement local a promulgué une loi interdisant la vente et l’usage de produits solaires toxiques pour le corail, applicable dès 2021.

Les éditions guadeloupéennes PLB réédite la collection “La vie du récif”, un coffret composé de trois ouvrages, sur les poissons, les coraux et les créatures du récif. Très utilisés par les plongeurs et les naturalistes sous-marins, ces guides permettant d’identifier les espèces observées sous l’eau sont avant tout conçus pour les passionnés. Ils ont bénéficié d’une mise à jour, à l’occasion de laquelle l’ensemble des gestionnaires d’aires marines protégées de la région a été sollicité. La Réserve naturelle de Saint-Martin y est présentée en détail, ainsi que les aspects liés à la pratique de la plongée sous-marine sur son territoire. Également, La Réserve a très volontiers partagé son expertise sur le bouturage corallien et la création d’habitats artificiels.

© Julien Chalifour
© Julien Chalifour

Suivre l’état de santé du milieu marin, et notamment des récifs coralliens et de leurs populations, est une priorité de l’Ifrecor, Initiative française pour les récifs coralliens.

Dans cette optique, une convention entre la Réserve naturelle et l’Ifrecor, via la Direction régionale de l’environnement, va permettre de développer des indicateurs permettant de suivre l’état de santé des communautés récifales, mais également de faire le bilan de l’activité 2018 du “réseau récifs” dans les Antilles françaises. Ces deux missions ont été confiées à Amandine Vaslet, docteur en biologie marine, qui a récemment évalué le premier plan de gestion de la Réserve naturelle et réalisé le second.
Afin de mener ces deux missions à bien, la scientifique s’appuie sur les données des suivis scientifiques des récifs menés par la Réserve en 2017 et 2018 dans le cadre du réseau des réserves et des suivis Reef Check.

L’analyse de ces données permettra de savoir dans quelle mesure les coraux de Saint-Martin ont été impactés par Irma.

Son rapport est attendu en décembre 2018.

BIOHAB2 © Julien Chalifour
BIOHAB2 © Julien Chalifour

Guillaume Montagne, en stage à la Réserve d’avril à août 2018, a présenté oralement les résultats de son stage devant ses professeurs de l’Université de Calais (ULCO), où il vient d’obtenir sa licence pro Gestion des biens et personnes / aléas naturels et gestion de l’espace urbanisé. En charge des phases de planification, de conception puis d’implantation de BIOHAB2, il a suivi l’évolution de cet habitat artificiel mis en place à proximité du site de plongée du Remorqueur, au large de Tintamare. Un mois après l’immersion des structures, une plongée a permis de constater que la diversité et le nombre d’individus par espèce étaient bien supérieurs à ce qui avait été observé sur BIOHAB1, disparu avec l’ouragan Irma. Les données sont en cours d’exploitation, mais Julien Chalifour suspecte que cette abondance est due d’une part à l’ampleur du nouvel aménagement et d’autre part au pouvoir attracteur lié à la proximité du Remorqueur, déjà surcolonisé. Des bancs de gorettes juvéniles se sont appropriés les lieux, aux côtés de juvéniles de poissons chirurgiens, de poissons papillons, de poissons anges, mais aussi de jeunes langoustes royales. Un mois plus tard, une nouvelle plongée a mis en évidence une augmentation de toutes ces populations et l’incorporation de nouvelles espèces. Les premiers succès enregistrés sur BIOHAB2 ont été mis en lumière par IoTV, la chaîne locale, et seront mis à l’honneur au sein d’une édition de Thalassa dédiée à Saint-Martin et au changement climatique, au début de l’année prochaine (voir article page 6).

Requin dans un récif corallien – Shark in a coral reef © Franck Mazéas
Requin dans un récif corallien – Shark in a coral reef © Franck Mazéas

Du 15 au 17 octobre 2018 au Ministère des outre-mer, Nicolas Maslach, directeur de la Réserve naturelle de Saint-Martin, a participé au comité permanent de l’IFRECOR, l’Initiative française pour les récifs coralliens. Site par site, les études menées sur les fonds marins de l’outre-mer français ont été exposées. Ce bilan a précédé une réflexion sur les stratégies à poursuivre ou à mettre en place pour la conservation des récifs, des herbiers et des mangroves dans les années à venir. Également, différentes méthodes de travail ont été proposées face aux projets d’aménagement menaçant les espaces naturels et ont donné naissance à la méthode MERCI, pour Éviter, Réduire et Compenser. Soit, dans un premier temps, tenter d’éviter l’aménagement, puis, s’il a finalement lieu, agir pour réduire les conséquences sur les milieux marins, et enfin imposer à l’aménageur une obligation de compenser les impacts attendus en finançant notamment des travaux d’ingénierie écologique.

Interview de Nicolas Maslach – Nicolas Maslach interviewed © Chris Joe
Interview de Nicolas Maslach – Nicolas Maslach interviewed © Chris Joe

Du 8 au 11 octobre, la Réserve a rencontré une équipe de l’émission Thalassa, venue réaliser un reportage sur l’évolution de l’île sous l’aspect du logement et de la vie quotidienne, mais aussi de l’environnement. L’impact sur la faune et la flore a été évoqué, ainsi que le redémarrage des écosystèmes et les actions menées pour l’accompagner. Le projet d’habitat artificiel BIOHAB2, celui de bouturage corallien, mais également la création de pépinières destinées à revégétaliser le littoral côtier ont particulièrement intéressé Thalassa, ainsi que le programme “Aire marine éducative”, destiné à sensibiliser les plus jeunes (voir article page 22). L’équipe de journalistes reviendra terminer ce reportage en janvier 2019, afin de suivre l’évolution des projets.

Un quart à un tiers de la mangrove mise à mal par Irma repart. Les récentes fortes pluies ont permis de voir le niveau de l’eau remonter dans les étangs asséchés et ainsi favoriser la croissance des jeunes pousses de palétuviers.
Mérou de Nassau © Julien Chalifour
Mérou de Nassau © Julien Chalifour

Le programme européen LIFE dispose de 3 milliards d’euros pour soutenir les projets en faveur de l’environnement et du climat entre 2014 et 2020. LIFE ayant ciblé cette année les espèces à statut de conservation inquiétant, la Réserve naturelle a présenté un dossier ambitionnant la mise en oeuvre de travaux pour la restauration de deux espèces de mérous. Il s’agit du mérou de Nassau, atteignant rarement sa taille adulte car surpêché, et du mérou géant, que l’on a pu observer localement de manière anecdotique, une fois tous les deux ou trois ans. Appréciés des plongeurs en raison de leur curiosité à leur égard, ces mérous sont des prédateurs supérieurs importants écologiquement - ils pourraient notamment réguler la présence du poisson-lion - mais aussi économiquement à plus long terme, pour la finesse de leur chair. Ce dossier fait l’objet d’une collaboration internationale, avec la Martinique, la Barbade, la Floride et la France métropolitaine, et fait partie d’un programme global proposé par l’outremer français, coordonné par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, qui n’est pas sectaire. Le dossier constitué par la Réserve s’articule sur plusieurs projets, l’objectif final étant d’aboutir à une gestion durable de ces populations :

  •   Réalisation d’un bilan socioéconomique sur la place de ces espèces à Saint-Martin en matière d’écologie, de consommation et de tradition.
  •   Suivi de l’état des populations encore présentes. • Sensibilisation du public en général et des scolaires en particulier.
  •   Suivis expérimentaux afin d’étudier le recrutement de ces deux espèces, sachant que les larves de mérous migrent plusieurs mois sur des centaines de miles, au bon vouloir des courants, avant que les post-larves de jeunes mérous s’installent sur les récifs.
  •   L’étude d’une possible évolution réglementaire concernant ces espèces. Plus de 200 000 euros ont été alloués à la Réserve sur la période 2018 - 2023. Ce budget va permettre à la Réserve de financer la venue de spécialistes pour réaliser les diagnostics et former les agents. Un chef de projet sera prochainement recruté : il se partagera entre la projet LIFE et le projet AFB en faveur des tortues marines (voir article page 24).
© Julien Chalifour
© Julien Chalifour

Comme chaque année depuis 2007, le suivi scientifique annuel des récifs et herbiers a eu lieu, en mars 2018.

L’objectif est de documenter l’évolution des fonds marins, Comme d’habitude également, un garde de la réserve naturelle de Petite-Terre et un autre de l’Agence territoriale de l’environnement de Saint-Barth étaient présents, afin d’aider l’équipe de Saint-Martin à collecter les données sous l’eau, sur les sites du Rocher Créole, de Pinel et de Tintamare et, hors de la Réserve, sur le site de Fish Pot, dans le canal d’Anguilla. L’espace marin apparaît moins touché que l’espace terrestre, avec tout de même des zones coralliennes très impactées. Toutefois, si l’impact physique semble avoir été limité sur les récifs et les herbiers, les importants déplacements de sédiments consécutifs à Irma continuent de leur nuire. Ainsi que les rejets d’eaux usées non traitées.

Lancement de BioHab2 - BioHab2 launched
Lancement de BioHab2 - BioHab2 launched

Dans notre dernière édition, nous annoncions qu’il ne restait qu’une vingtaine de parpaings sur les quelques 300 utilisés par la Réserve pour construire les neuf structures des habitats artificiels “BioHab” implantés dans la réserve, après le passage d’Irma.
Le projet n’est pas abandonné pour autant, puisque la Réserve met en place BioHab 2, avec le soutien financier de l’Agence Française de la Biodiversité et la Fondation Veolia, mais cette fois sur deux sites de la réserve.
Plus d’une dizaine d’habitats artificiels ont été réalisés par l’équipe de la Réserve. Si les solutions techniques déjà éprouvées ont été une nouvelle fois utilisées, l’enjeu est cette fois de faire également appel à des matériaux recyclés. Ces habitats artificiels ont pour vocation de proposer un milieu constitué d’une multitude de cachettes, pour être colonisés par les nombreuses espèces qui s’étaient rapidement appropriées l’aire du premier projet.

Ainsi certain débris d’Irma ont une deuxième vie et contribuent à la reconquête de la biodiversité sous-marine.

Les phases de planification, de conception puis d’implantation de BIOHAB2 ont été confiées à Guillaume Montagne, en stage à la Réserve pour quatre mois, d’avril à août 2018, sous la tutelle de Julien Chalifour. Déjà titulaire d’un DTSM Intechmer et d’un DEUST, cet étudiant de 23 ans - également pilote professionnel de drone - est actuellement en dernière année de licence pro Gestion des biens et personnes / aléas naturels et gestion de l’espace urbanisé de l’Université de Calais (ULCO).

Guillaume Montagne

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